“Jésus répondit [au garde] : Si j’ai mal parlé, rends témoignage de ce qui est mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?” Lire Jean 18. 19-24
“Tout le jour ils tordent mes paroles ; toutes leurs pensées sont contre moi en mal.” Psaume 56. 5
La résurrection de Lazare et ses répercussions sur les Juifs de Béthanie et de Jérusalem irritent “les principaux sacrificateurs et les pharisiens”. Cela les conduit rapidement à décider de faire mourir le Seigneur (Jean 11. 53). Cependant, le sanhédrin ne possède pas le droit de prononcer une condamnation à mort. Il lui faut de solides arguments pour convaincre Pilate, gouverneur romain, de le faire ; mais Jésus n’a commis aucun délit passible de mort, la tâche du sanhédrin est donc singulièrement compliquée. Alors, ne pouvant accuser Jésus d’aucun crime, le souverain sacrificateur l’interroge “sur ses disciples et sur sa doctrine” dans l’espoir qu’il s’incrimine lui-même.
L’insolence du souverain sacrificateur est choquante : il prétend piéger le Seigneur dans ses paroles, lui qui “connaît les secrets du cœur” (Ps. 44. 21). La réponse de Jésus ne se fait pas attendre : “pourquoi m’interroges-tu ?” D’une part, comme Jésus l’a éprouvé tout au long de son ministère, il sait que toutes ses paroles seront tordues. D’autre part, son enseignement ayant été rejeté, il n’est désormais plus temps pour lui de parler. Jésus renvoie donc le souverain sacrificateur auprès de ceux qui savent ce qu’il a dit “ouvertement… dans la synagogue” (Jean 18. 20, 21).
Aucun outrage n’est épargné au Seigneur. Il doit souffrir la gifle d’un huissier du souverain sacrificateur ; “opprimé et affligé… il n’a pas ouvert sa bouche” (Es. 53. 7), ne pouvant se prêter au simulacre de jugement organisé contre lui. Il faut que le souverain sacrificateur l’adjure “par le Dieu vivant” de déclarer s’il est “le Christ, le Fils de Dieu” pour qu’il réponde : “Tu l’as dit” (Matt. 26. 63, 64).
Nous sommes émerveillés de la dignité du Seigneur ! Bien que lié et humilié par des fourbes dont il connaît la bassesse et les intentions, c’est lui qui domine toute la scène par sa noblesse ; il en sera de même lors de ses comparutions devant Pilate et Hérode.
Un poète a bien su l’exprimer : « Il est grand et magnifique, louons le Seigneur ! »
Source (Plaire au Seigneur)