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L'esprit de prière et le réveil (suite)

Un jour, à Auburn, c’était je pense le second dimanche que nous y passions, je remarquai dans l’assemblée le visage solennel de M. Clary. Il paraissait accablé sous un fardeau de prière. Étant, comme je l’ai déjà dit, assez lié avec lui et connaissant le grand esprit de prière dont Dieu lui avait fait don, je fus très heureux de le voir là… Entre deux réunions, comme je descendais de la chaire, M. Clary et son frère vinrent à ma rencontre au pied des marches et le docteur m’invita à aller chez lui passer ce moment et prendre une légère collation, ce que j’acceptai.

Arrivés chez lui, nous fûmes bientôt appelés à table. Nous nous y assîmes et le Dr Clary, se tournant vers son frère, dit : « Abel, veux-tu demander la bénédiction ? ». Frère Abel inclina la tête et commença à haute voix. Il avait à peine prononcé une phrase ou deux qu’il s’effondra brusquement, se retira soudain de la table et s’enfuit vers sa chambre. Le docteur, pensant qu’il s’était subitement trouvé indisposé, se leva et le suivit. Au bout de quelques instants, il redescendit et dit :

M. Finney, mon frère Abel désire vous voir.

Qu’est-ce qu’il a ?

Je ne sais pas, mais il dit que vous le savez. Il paraît être dans une grande affliction, mais je pense que c’est son état d’esprit.

Je compris alors et montai à sa chambre. Il était allongé sur son lit et gémissait : l’Esprit intercédait pour lui et en lui par des soupirs inexprimables. J’étais à peine entré dans la pièce qu’il parvint à dire : « Priez, frère Finney ». Je m’agenouillai et l’assistai dans la prière, conduisant son âme dans l’intercession pour la conversion des pécheurs. Je continuai à prier jusqu’à ce que son affliction fût apaisée, puis je retournai à table.

Je compris que c’était là la voix de Dieu. Je vis que l’esprit de prière était sur lui, sentis son influence sur moi-même et fus assuré que l’oeuvre avancerait puissamment. Il en fut bien ainsi. Le pasteur me dit plus tard avoir constaté que pendant les six semaines que j’avais passées là, cinq cents âmes avaient été converties.

Jérémy Sourdril

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