“Un de ses serviteurs [de Joram] répondit : Qu’on prenne donc cinq des chevaux restants… Envoyons-les et nous verrons… Et le roi envoya… disant : Allez et voyez.” 2 Rois 7. 12-15
Dans toute la Bible, il n’y a guère de scènes plus effroyables que celle relatée depuis 2 Rois 6. 24 jusqu’à 2 Rois 7. 20 dont est tiré le second verset du jour. Joram, fils de la criminelle Jézabel, aurait dû, comme roi d’Israël, copier la Loi pour en “garder toutes les paroles”, ainsi que Dieu l’avait ordonné (Deut. 17. 18-20). Il aurait alors appris qu’en cas de rébellion, l’Éternel châtierait Israël “à cause de leurs péchés” et, si c’était par la famine, le peuple pourrait alors en être réduit à manger “la chair de leurs fils” (Lév. 26. 18-29).
Mais que fait Joram dans cette détresse ? Plutôt que de s’humilier, seul moyen d’apaiser le courroux divin, il accuse Dieu d’être responsable de la famine. Puis, vêtu d’un sac, signe extérieur de deuil, mais inopérant s’il n’est accompagné d’un sincère repentir, Joram menace de décapiter Élisée et renie Dieu. Finalement, à l’annonce de la fuite des Syriens, Joram s’imagine qu’ils ont simulé un stratagème destiné à tromper Israël et il prolonge inutilement la famine.
C’est alors qu’un serviteur anonyme et sans fonction définie propose “qu’on prenne… cinq chevaux” pour explorer le camp syrien, une initiative d’un bon sens si évident qu’elle est adoptée sur-le-champ. Elle permet de constater l’entière délivrance opérée par Dieu seul ; sa puissance et la grâce sont ainsi glorieusement manifestées ; l’abondance de vivres et la joie succèdent aussitôt à la famine et à la détresse.
Mais, qui était ce serviteur ? Sa discrétion, sa sagesse et l’opportunité de son intervention montrent que Dieu accomplit parfois ses plans à l’insu des chefs de ce monde, souvent par des personnes à leur service. Alors que le roi incrédule voit un piège, un de ses serviteurs discerne une réponse à la parole du prophète. Plutôt que rappeler la prophétie d’Élisée, ce qui mettrait le roi en fureur, il propose simplement de vérifier les faits…
Aujourd’hui, dans chaque croyant, le Saint Esprit, se manifeste comme l’Esprit “de puissance, et d’amour, et de sobre bon sens” (Rom. 8. 11 ; 2 Tim. 1. 7). En lui laissant l’entière liberté d’agir en nous, il inspirera nos décisions, dirigera nos initiatives aussi opportunément et efficacement qu’il l’a fait pour ce serviteur.
Source (Plaire au Seigneur)