“Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe… Je me suis dépouillé de ma tunique, comment la revêtirai-je ? J’ai lavé mes pieds, comment les salirais-je ? Mon bien-aimé a avancé sa main par le guichet… Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé et de mes mains a dégoutté la myrrhe et de mes doigts la myrrhe limpide sur les poignées du verrou. J’ai ouvert à mon bien-aimé, mais mon bien-aimé s’était retiré…”Cantique des cantiques 5. 2-6
Cette jeune fille est ardemment aimée de son fiancé, et pourtant elle ne répond pas quand il frappe à sa porte. Elle vient juste de se préparer pour la nuit et elle hésite à salir ses pieds pour lui ouvrir. Quand enfin elle réagit, son bien-aimé a disparu, en laissant un signe de son passage pour réveiller son amour : des gouttes de myrrhe sur les poignées du verrou ; c’est l’image d’un amour blessé, car cette résine odorante provenait d’un arbre que l’on avait entaillé.
Cette scène évoque notre relation avec Dieu. L’amour de Dieu a été blessé par l’attitude d’Adam et Ève. Dieu pourvoyait à leur nourriture, il recherchait une relation étroite avec eux… mais ils ont désobéi au seul commandement donné par Dieu. Mais l’activité de Dieu pour chercher Adam et Ève, pour leur faire la promesse d’un libérateur, n’était-elle pas « la myrrhe sur le verrou », le témoignage émouvant de l’amour blessé ?
Il en est de même d’Israël, ce petit peuple bien-aimé de Dieu, objet de ses soins constants… et qui refuse de venir à Lui malgré les appels des prophètes. Dieu comble la mesure de son amour en donnant le Messie à son peuple. Nouveau refus de son peuple bien-aimé. Mais, là aussi, par l’œuvre de la croix, Dieu n’a-t-il pas déposé « la myrrhe sur le verrou », ou donné un témoignage touchant de « son amour blessé » ?
Aujourd’hui, notre Seigneur nous dit souvent « Ouvre-moi ». Il sollicite notre activité pour Lui, le geste du souvenir (dans la cène), notre écoute de sa Parole… bref notre amour. Parfois, nous aussi, nous refusons… mais sachons qu’il déposera toujours de « la myrrhe sur le verrou », le témoignage de son amour blessé. Espérons que l’Église et nous-mêmes saurons le voir. Si c’est le cas, comme la bien-aimée du Cantique des cantiques, nous lui ouvrirons (v. 6), nous le chercherons, nous l’appellerons (v. 6), et nous lui rendrons ainsi un merveilleux témoignage (v. 9-16).
Source (Plaire au Seigneur)