“Car c’est peut-être pour cela qu’il a été quelque temps séparé de toi : afin que tu le possèdes pour toujours, non plus comme un esclave, mais au-dessus d’un esclave, comme un frère bien-aimé.” Philémon v. 15, 16
L’apôtre Paul est emprisonné à Rome quand il écrit une courte lettre à un certain Philémon, un chrétien de Colosses en Turquie actuelle. À cette époque, l’esclavage était une réalité sociale dans l’Empire romain. Paul l’évoque dans cette lettre, car il parle d’un nouveau converti qui lui est cher : Onésime ; mais pour Philémon, cet Onésime est un esclave déserteur !
Paul a été acteur de la conversion d’Onésime : “Je te prie pour mon enfant que j’ai engendré, étant dans les chaînes” (v. 10). Il connaît bien également Philémon, “notre bien-aimé compagnon d’œuvre” (v. 1).
Paul se trouve confronté à un dilemme. Il a besoin d’Onésime : “J’aurais bien aimé le retenir près de moi, pour qu’il me serve à ta place alors que je suis enchaîné à cause de l’évangile” (v. 13). D’un autre côté, il reconnaît que la désertion d’Onésime est une faute envers Philémon. Comment tenir compte des réalités sociales de l’époque tout en incitant Philémon, maître bafoué, à agir en chrétien ? Pour ce faire, il n’use pas de son statut d’apôtre ; il ne lui donne pas de leçon ou d’ordre, mais le prie humblement de recevoir Onésime comme un frère, souhaitant qu’il n’agisse pas sous “l’effet de la contrainte, mais de [son] bon vouloir” (v. 14). Paul reconnaît l’autorité et les droits de Philémon : “Je n’ai rien voulu faire sans ton avis” (v. 14). Il suggère même que la fuite de son esclave pourra être avantageuse pour Philémon : “Car c’est peut-être pour cela qu’il a été quelque temps séparé de toi : afin que tu le possèdes pour toujours, non plus comme un esclave, mais au-dessus d’un esclave, comme un frère bien-aimé” (v. 15, 16).
Superposer une relation fraternelle à la relation légale d’esclave-maître bouleverse fondamentalement la situation et rétablit Onésime dans sa dignité d’homme, sans le retirer de son service. En recevant Onésime avec amour, Philémon honorera l’Évangile.
La démarche de Paul nous montre comment agir dans des relations difficiles. Elle nous incite à ne pas user de parole moraliste, à oublier notre statut ; elle nous encourage à nous limiter à inviter notre prochain à agir à la suite de Jésus dans l’amour et le pardon, tout en montrant l’exemple par notre comportement.
Source (Plaire au Seigneur)