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La robe-mission

“Quelques-uns, étant descendus de Judée, enseignaient les frères disant : Si vous n’avez pas été circoncis selon l’usage de Moïse, vous ne pouvez être sauvés.” Actes 15. 1

 

Une exposition présente une rétrospective de l’histoire d’une île du Pacifique, à partir d’objets et de documents rassemblés depuis sa découverte par les Occidentaux au XVIIIe siècle. Une rupture majeure dans l’histoire de ce territoire est intervenue avec l’arrivée des premiers missionnaires chrétiens, au XIXe siècle. Avant leur christianisation, plus ou moins forcée, des gravures faites par les premiers explorateurs montrent des indigènes souriants, vêtus le plus souvent d’un simple pagne et dansant autour de leurs totems. Quelques décennies après, les photographies les montrent assis sagement sur des bancs, devant une église-hutte, fixant gravement l’objectif. Le plus frappant est l’habillement des femmes : elles ont échangé leur pagne pour une robe de style victorien, longue et boutonnée jusqu’au cou, dans laquelle elles ont l’air engoncé et mal à l’aise — sans parler de l’incongruité d’une tenue aussi couvrante sous la chaleur des tropiques.

Nous ne méconnaissons pas le cortège des maux variés apportés par la civilisation occidentale à la suite de l’introduction du christianisme. Mais que le christianisme ait apporté d’innombrables bienfaits moraux et spirituels à ces peuples ne saurait être contesté. La violence des tribus de ces îles, leur peur de la mort, leurs relations malsaines avec le monde occulte — tout cela a été, sinon éliminé, du moins largement atténué par l’imprégnation de la culture chrétienne. Mais une erreur funeste a été de lier le vrai christianisme, celui du cœur, à la conformité extérieure à une culture « des missionnaires », très éloignée de la réalité locale. Non ! Pour recevoir la vie éternelle, pour être une bonne chrétienne, il n’est pas nécessaire de mettre une « robe-mission » (selon le nom donné par les indigènes à leur nouvel accoutrement) !

Même si la forme et l’objet diffèrent selon les temps et les lieux, le danger demeure de lier la foi à l’évangile de Jésus Christ au respect de codes, de règles, de coutumes, qui voilent alors le cœur du message biblique. Pour prouver que quelqu’un est véritablement sauvé ou avant de l’intégrer pleinement à la vie d’une église locale, il n’est pas nécessaire de lui demander d’adopter les manières de faire de celui qui lui a annoncé l’évangile. Imposer ces changements expose à un rejet de la foi en raison du rejet justifié de l’ajout imposé du carcan culturel.

Le véritable évangile est le même pour tous et partout : c’est une transformation intérieure par la puissance de l’Esprit. Et s’il est besoin de changer l’extérieur, l’Esprit le produira en son temps.

Source (Plaire au Seigneur)

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