“Il en a sauvé d’autres ; qu’il se sauve lui-même, si lui est le Christ, l’élu de Dieu… Si toi tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même.” Luc 23. 35, 37
Dans le texte du jour, il est beaucoup parlé de « sauver » (v. 35, v. 37, v. 39). Les Juifs attendaient le roi annoncé par les prophètes : ils comptaient sur lui pour les délivrer des Romains, comme Moïse les avait délivrés de l’Égypte. Mais Jésus était venu pour sauver son peuple de leurs péchés (Matt. 1. 21), pour que le monde soit sauvé par lui (Jean 3. 17). Il avait délivré de la maladie, de la mort, de la puissance du diable, mais pas des Romains qui colonisaient le pays. Cette attente de libération nationale a été déçue. Chez les responsables juifs elle se transforme en haine et mépris pour ce “roi d’Israël”. En plus il a sévèrement dénoncé leur aveuglement doublé d’hypocrisie. Marc rapporte cette parole des responsables juifs : “Que le Christ, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions !” (Marc 15. 32). “Les chefs, de leur côté, se raillaient de lui” (Luc 23. 35).
“Le peuple se tenait là et regardait” (v. 35) : toutes les classes sociales sont probablement représentées dans cette foule. Elle observe passivement cette scène de violence et de cruauté, comme aujourd’hui des badauds observent une scène d’accident mortel.
Un écriteau indique l’identité du supplicié : “Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs” (Jean 19. 19). L’intention était de se moquer de lui jusqu’au moment de son supplice ; pour le rabaisser au niveau d’un criminel, on crucifie deux malfaiteurs à ses côtés. Ce panneau est pourtant une proclamation involontaire, mais puissante de son identité !
Les soldats soumis à leurs supérieurs ajoutent leurs moqueries. L’un des malfaiteurs se joint à ce tapage de haine et de mépris.
Le supplice est atrocement cruel, douloureux et long. Les moqueries et insultes ajoutent à la souffrance du condamné ; mais son attitude surprend : il ne prononce aucune plainte, aucune parole de colère ou de vengeance. Il est encore prêt à pardonner, à sauver, à prendre soin de sa mère, à se confier en Dieu ; des paroles d’amour étonnantes dans un tel cadre de violence et d’injustice. L’impuissance tant moquée à première vue ne manifesterait-elle pas autre chose ?
Source (Plaire au Seigneur)