“Ô Dieu ! ne garde pas le silence.” Psaume 83. 1
Le premier chapitre du livre de la Genèse nous révèle que c’est par la parole que Dieu a créé l’univers. Les dix paroles créatrices témoignent du fait que son désir est de communiquer. Après avoir créé Adam et Ève, il communique avec eux en toute harmonie. Mais leur désobéissance va perturber cette relation et les silences de Dieu deviennent un signe de réprobation.
Quelques exemples nous le montrent :
– Après la défaillance de la foi de Sara, puis de celle d’Abraham et la naissance d’Ismaël, Dieu garde le silence pendant treize ans. Qu’elles furent longues ces années où Abram n’entendit plus la voix de Dieu ! Quel contraste avec ce temps où il est répété : “L’Éternel dit à Abram”, “la parole de l’Éternel fut adressée à Abram” (Gen. 12. 1-7 ; 13. 14 ; 15. 1, 4, 7, 8, 13).
Confessons nos défaillances à Dieu, car les silences de Dieu sont pénibles pour quelqu’un qui a connu sa communion.
– Plus grave est le cas de Saül en rébellion contre Dieu. Il interroge Dieu, mais Dieu garde le silence (1 Sam. 28. 6). Saül reconnaît cette réalité terrible : “Dieu s’est retiré de moi et ne me répond plus” (1 Sam. 28. 15). Dieu n’attend que sa repentance pour sortir de son silence.
– Le peuple d’Israël s’est progressivement détourné de Dieu pour se vouer aux idoles et Dieu lui dit : “N’ai-je pas gardé le silence, et cela dès longtemps, et tu ne m’as pas craint ?” (Es. 57. 11). Un silence de réprobation, certes, mais aussi peut-être signe de la miséricorde de celui qui, patient, ne châtie pas encore.
– Mais le plus impressionnant, le plus incompréhensible, le plus douloureux silence est bien celui de la croix où Jésus dit à Dieu : “Je crie de jour et tu ne réponds pas” (Ps. 22. 2). Les anges avaient acclamé sa naissance, Dieu s’était fait entendre à son baptême et avait approuvé son ministère. Maintenant, Dieu est silencieux. Car Jésus “porte nos péchés”, il est “fait péché”. Pendant trois heures, Dieu, l’abandonne, il “est sourd à ses larmes” (Ps. 39. 12), il “ferme l’accès à sa prière” (Lam. 3. 8), il “garde le silence” (Ps. 28. 1) à l’égard de celui qui vivait dans sa communion.
Le silence de la croix est unique. Il nous conduit à l’adoration !
Source (Plaire au Seigneur)