Samedi 16 Décembre 2023
"Lévi lui fit un grand festin dans sa maison, et il y avait une foule nombreuse de péagers et d'autres personnes à table avec eux." Luc 5. 29 Version Nouvelle Segond Révisée
Un festin pour Jésus
Matthieu, appelé auparavant Lévi, est assis à son bureau de percepteur d'impôts. Quelle surprise pour lui de s'entendre interpeller par Jésus : "Suis-moi" ! Sans hésiter, Matthieu abandonne sa place lucrative pour suivre Jésus.
Nous avons de la peine à réaliser aujourd'hui le sacrifice que cela impliquait pour Matthieu. Abandonner son poste lui faisait perdre ses revenus et la faveur de l'occupant romain. La médiocre popularité de Jésus dans les classes juives dominantes ne risquait guère de l'aider à réintégrer une société au ban de laquelle il s'était mis par son travail au service des Romains. Que lui restait-il ? Au moins l'argent amassé jusque-là. Mais voilà qu'il se met à organiser un "grand festin" auquel il convie "une foule nombreuse" ! Il accumule vraiment les imprudences.
On s'imagine que Jésus va le reprendre, lui conseiller de garder plutôt son argent pour secourir les pauvres ou subvenir à ses besoins et ceux de ses disciples. Et puis, est-ce bien le moment de faire la fête pour quelqu'un qui vient d'être appelé à suivre les pas du Fils de Dieu sur la terre ? Sans parler des convives : des mauvaise Juifs, soit compromis avec l'occupant (les publicains), soit en infraction avec la loi de Moïse (les pécheurs). Ce Matthieu nous paraît bien imprudent et bien peu spirituel.
Mais Jésus se rend au festin. Il y fait sans doute honneur, puisque les pharisiens lui reprocheront d'être "un mangeur et un buveur" (Luc 7. 34) — même s'il faut faire la part de la calomnie dans leur propos. Et la leçon que retiennent les évangélistes n'est pas pour les convives, mais ces pharisiens orgueilleux, si fiers de leur ascétismes (Luc 18. 12).
Notre Seigneur n'a pas dédaigné les joies terrestres d'un festin. Il n'a pas craint non plus de se montrer publiquement en compagnie de personnes peu fréquentables. Se faisant "tout à tous" (1 Corinthiens 9. 19-22), il mange et boit librement, même s'il fait passer les besoins de ceux qui l'entourent avant ses propres besoins physiques (Marc 3. 20 ; 6. 31). Par-dessus tout, sa nourriture est d'accomplir la volonté de son Père et de voir des coeurs autour de lui, assoiffés d'entendre la bonne nouvelle, prêts pour la moisson (Jean 4. 34, 35). Festin pour le corps, festin pour le coeur, Matthieu a bien eu raison !
Source (Plaire au Seigneur)