“Alors les foules, à la vue de ce que Paul avait fait… dirent… les dieux se sont faits semblables aux hommes et sont descendus vers nous… D’Antioche et d’Iconium survinrent alors des Juifs ; après avoir gagné les foules et lapidé Paul, ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu’il était mort.” Lire Actes 14. 8-19
On pourrait justifier la versatilité des Juifs envers le Seigneur commentée hier par le fait qu’elle est l’accomplissement de plusieurs prophéties le concernant (Ps. 25. 19 ; 118. 26 ; Zach. 9. 9). Cette interprétation, quoique pertinente, n’excuserait cependant pas leur responsabilité. L'on voit, par le texte cité aujourd’hui, que la versatilité est le propre de l’homme ne possédant pas le Saint Esprit et livré à ses seules passions.
Une légende d’Ovide, poète latin du Ier siècle, reprise par La Fontaine et mise en musique plus tard par Offenbach sous le titre de Philémon et Baucis, relate que Jupiter et Mercure, descendus sur terre voulurent éprouver l’hospitalité des habitants de Lystre. Celle-ci leur ayant été refusée partout, si ce n’est par un couple âgé, largement récompensé, la ville fut submergée et détruite par les flots.
Se souvenant ou pas de cette légende, les habitants de Lystre, témoins de la guérison miraculeuse de l’homme aux pieds paralysés, identifient Paul et Barnabas à leurs dieux (Jupiter et Mercure), et c’est à grand-peine que les apôtres les dissuadent de leur offrir un sacrifice. Entre Béthanie et Jérusalem, le Seigneur a été acclamé roi, à Lystre, c’est la divinisation que les apôtres ont risqué.
C’est donc avec stupéfaction qu’on apprend que les seuls dires de Juifs, étrangers en Lycaonie et n’ayant même pas assisté au miracle, puissent convaincre aussi rapidement ces Grecs de lapider Paul et Barnabas. Comment expliquer cette inconsistance ?
Paul et Barnabas ont prêché “le Dieu vivant qui a créé les cieux et la terre” ce que Satan ne peut tolérer. Aussi arme-t-il de haine et de violence ceux qu’il veut conduire jusqu’au crime s’il le peut. Ne nous étonnons pas, la violence qui opère aujourd’hui dans le monde ira même croissant (2 Tim. 3. 12). Mais il y a plus surprenant encore que cette versatilité déconcertante, c’est la persévérance de Paul : le lendemain, après avoir d’abord été laissé pour mort, Paul “repartit… pour se rendre à Derbe”, à quelque soixante kilomètres. “Je peux tout en celui qui me fortifie” (Phil. 4. 13 ; Héb. 11. 34). “L’Éternel, le Seigneur est ma force” (Hab. 3. 19).
Source (Plaire au Seigneur)