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La fin de la mer

“La mer n’est plus.” Apocalypse 21. 1

 

La description des nouveaux cieux et de la nouvelle terre peut décevoir les amoureux des océans : plus de mer ! Pourtant, quel spectacle à la gloire du Créateur que ce mouvement incessant des vagues, ces reflets changeants du ciel sur l’eau, cette variété de paysages côtiers — sans parler de l’incroyable diversité des espèces marines. Oui, vraiment, comment concevoir une nouvelle terre sans mer ?

Il faut alors se souvenir que le langage de l’Apocalypse est très largement symbolique et lié également à l’expérience historique de Jean, celui par qui ce texte magnifique et complexe nous est parvenu.

Jean se trouve exilé sur l’île de Patmos, au milieu de la mer Égée. Tous les matins, il se retrouve entouré d’eau ; la mer est comme le mur d’une prison, elle l’empêche de rejoindre le continent et ses amis. Rien à voir avec la toute petite mer de Galilée sur laquelle il était pécheur autrefois et où l’on voyait la terre tout autour. Il est aussi spectateur des tempêtes de la mer Égée, parfois extrêmement violentes. Rien d’étonnant à ce que Jean ne voie pas la mer sous un jour très favorable.

Jean est aussi un Juif, peuple de bergers devenus aussi cultivateurs, mais pas marins ! Pour les Hébreux, la grande mer était surtout une menace. Pas étonnant qu’elle ait été prise par les prophètes comme le symbole du tourbillon du monde. Ésaïe disait : “Les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se tenir tranquille et dont les eaux jettent dehors la vase et la boue” (Es. 57. 20). La mer était la demeure du léviathan, le monstre marin qui symbolise les forces du mal (Es. 27. 1).

Les mêmes images sont reprises dans les visions de l’Apocalypse : Jean voit une bête immonde, qui représente l’Antichrist, sortir de la mer (Apoc. 13. 1). Sous l’influence directe du diable, ce dictateur mondial surgira du chaos des peuples dans le futur et concrétisera l’opposition à Dieu et à son Messie.

Mais dès le début de ses visions, Jean avait vu devant le trône divin “comme une mer de verre, semblable à du cristal” : l’agitation des peuples, si bien symbolisée par celle de la mer, n’atteint en rien à la souveraineté du Tout-Puissant. Et, en écho, dans la dernière vision, le calme éternel a définitivement remplacé l’agitation et le péché des hommes. Anticipons la « fin de la mer » en restant paisibles devant les soubresauts de notre monde.

Source (Plaire au Seigneur)

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