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La gloire de la croix

“Jésus, lui qui, étant en forme de Dieu n’a pas regardé comme un objet à ravir [ou : butin à préserver jalousement] d’être égal à Dieu, mais s’est anéanti lui-même prenant la forme d’esclave… il s’est abaissé lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix.” Philippiens 2. 6, 8

 

Ce passage affirme clairement la nature divine de Jésus. Il nous montre également le chemin qu’il parcourt en revêtant la condition humaine : lui qui, “en forme de Dieu” ou ayant la condition de Dieu, “s’est anéanti (litt. vidé, dépouillé) lui-même”, c’est-à-dire qu’il a renoncé temporairement à ce qui lui appartient, la gloire et la puissance divines ; il va naître et vivre comme un homme. Dès sa naissance, il est menacé par Hérode, ses parents fuient leur pays pour le protéger ; lors des tentations par le diable dans le désert, il ne fait pas appel à sa puissance divine ; à la croix, il refuse d’user de sa puissance pour échapper à un tel supplice. En acceptant la mort, il accepte d’en subir la cause : la chute et ses conséquences ; pourtant il était parfait en tant qu’homme.

À la croix, la puissance divine reste cachée pour que l’amour divin soit révélé. La croix n’est pas un châtiment sanctionnant une faute grave, mais un châtiment librement accepté par Jésus, qui prend la responsabilité et la culpabilité de nos fautes. L’Éternel, le grand Juge qui “jugera le monde avec justice” (Ps. 9. 8), détourne le jugement de l’homme vers son Fils, pour ouvrir une porte d’espérance dans ce monde.

C’est l’acte suprême qui fait éclater l’amour de Dieu : “Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle” (Jean 3. 16). En offrant son Fils pour le salut des hommes, Dieu prend le risque d’aimer sans être aimé. Par l’amour manifesté à la croix, Jésus prend sur lui toute la violence du mal et triomphe : “ayant dépouillé les pouvoirs et les autorités, [il] les a donnés en spectacle, triomphant d’eux en la croix” (Col. 2. 15). « Un triomphe et une croix : quel rapprochement ! On ne peut le retrouver que dans le christianisme ; Jésus triomphe et le char de triomphe de Jésus-Christ c’est un gibet, son trône c’est la croix ! » (A. Vinet).

Source (Plaire au Seigneur)

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