“Et je dis : Malheur à moi ! Car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées.” Ésaïe 6. 5
Le prophète a cette vision “l’année de la mort du roi Ozias” (vers 740 av. J.-C.) (v. 1). Ce roi était devenu lépreux après avoir transgressé la loi divine en ajoutant à ses fonctions celles de sacrificateur (2 Chr. 26. 16-19). Dieu manifeste sa sainteté et sa gloire de façon éclatante, en rappelant la mort du roi lépreux : “les fondements des seuils étaient ébranlés à la voix de celui qui criait [saint, saint, saint est l’Éternel des armées] et la maison était remplie de fumée” (Es. 6. 4).
Il est instructif de se confronter à ces manifestations divines peu courantes dans le N.T. où Jésus nous découvre plutôt l’humilité et la grâce divine.
Pour autant, Dieu demeure ce qu’il est, et le comportement d’Ésaïe rappelle ce que doit être celui d’un homme devant Dieu : se sentir perdu. Chez Ésaïe, ce sentiment ne dépend pas d’un péché particulier, mais il est la conséquence de sa nature de pécheur liée à la chute de l’homme. Depuis, l’état de l’homme foncièrement pécheur ne s’est pas amélioré et les informations télévisées quotidiennes le prouvent à l’envi. Pour autant, Dieu ne transige jamais avec le péché. S’il patiente dans sa grâce, c’est en vertu du sacrifice de son Fils sur la croix attendant que les hommes se repentent et en reconnaissent la valeur salvatrice. Il est fait allusion à ce sacrifice quand le séraphin touche avec “un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel” la bouche du prophète. Il déclare alors : “Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché” (Es. 6. 6, 7).
Dans le monde d’aujourd’hui, cette vision nous rappelle avec force qui est Dieu dans sa sainteté ; trop souvent on a oublié cette dimension et on parle à la légère du « Bon Dieu ». Ainsi, fort à propos, le prophète, nous présente son expérience. Pour nous aussi, une conscience plus aiguë de la sainteté de Dieu nous fait apprécier davantage l’immensité de la grâce divine et nous rend capables de la communiquer aux autres.
Source (Plaire au Seigneur)