“Maître, nous savons que tu es vrai, que tu enseignes la voie de Dieu en vérité et que tu ne t’embarrasses de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. Dis-nous donc, qu’en penses-tu : Est-il permis de payer le tribut à César, ou non ?" Lire Matthieu 22. 15-22
Y a-t-il question plus anodine et plus familière que “qu’en penses-tu” ? C’est la façon, entre amis, ou du moins entre bonnes connaissances, de demander un avis touchant un sujet auquel on réfléchit encore. Cette question suppose une bonne relation de confiance entre les interlocuteurs et ouvre en outre la possibilité d’évaluer le pour et le contre des opinions proposées.
C’était bien loin d’être le cas dans le récit qui nous occupe ! Premièrement, le but du dialogue était de piéger le Seigneur (v. 16) et non pas de s’intéresser à son avis. Secondement, les pharisiens, de peur d’être démasqués, s’abstiennent de participer au dialogue et délèguent “leurs disciples”, que Calvin, dans ses commentaires sur ce chapitre, n’hésite pas à qualifier de « mouchards » (v. 16). Puis, ils associent à leur démarche les hérodiens, membres d’un parti politique servilement inféodé aux Romains, ennemis déclarés des pharisiens de tout temps. Enfin, tout en s’adressant au Seigneur par un salut apparemment aussi respectueux que fidèle à la vérité, ils ne font que dévoiler leur foncière hypocrisie (vv. 16, 17).
“Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu”. La réponse du Seigneur prouve qu’il ne s’est pas laissé piéger : si les Juifs devaient payer un tribut à César, c’est qu’ils lui étaient assujettis en raison de leur désobéissance, mais que cela ne les dispensait pas de rendre à Dieu ce qu’ils lui devaient.
Si cet épisode illustre la pré-connaissance du Seigneur et son autorité sur tout, c’est aussi pour nous un avertissement et un encouragement. Nous révélant les intentions qu’un banal « qu’en penses-tu » peut cacher, il nous met en garde contre les ruses d’un ennemi qui espère nous piéger comme il utilisa les pharisiens pour attaquer le Seigneur. Veillons donc… “étant fermes dans la foi” (1 Pi. 5. 8, 9). Mais cette question nous donne aussi la magnifique occasion de rendre témoignage au Seigneur, à sa Parole, à son Église, comme de notre espérance. Retenons alors cette exhortation : “Que votre parole soit toujours dans un esprit de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment vous devez répondre à chacun” (Col. 4. 6).
Source (Plaire au Seigneur)