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Un festin pour Jésus

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“Lévi lui fit un grand festin dans sa maison ; et il y avait une grande foule de publicains et d’autres gens qui étaient avec eux à table.” Luc 5. 29

 

Matthieu, alias Lévi, est assis à son bureau de percepteur d’impôts. Quelle surprise pour lui de s’entendre interpeller par Jésus : “Suis-moi”. Sans hésiter, Matthieu abandonne sa place lucrative pour suivre Jésus.
Nous avons peine à percevoir aujourd’hui le sacrifice que cela impliquait pour Matthieu. Son poste avait été acheté contre une lourde somme qui incitait à se « refaire » au plus vite en majorant les taxes à son profit ; l’abandonner lui faisait perdre toute faveur de la part de l’occupant romain. La bien médiocre popularité de Jésus dans les classes juives dominantes ne risquait guère de l’aider à réintégrer une société au ban de laquelle il s’était mis par son travail de « collabo ». Que lui restait-il ? Au moins l’argent amassé jusque-là. Mais voilà qu’il se met à organiser un “grand festin” auquel il convie “une grande foule” ! Il accumule vraiment les imprudences.
On s’imagine que Jésus va le reprendre, lui conseiller de garder plutôt son argent pour secourir les pauvres ou subvenir à ses besoins et ceux de ses disciples. Et puis, est-ce bien la place de quelqu’un qui vient d’être appelé à suivre les pas du Fils de Dieu sur la terre, que de faire la fête ? Sans parler des convives : des mauvais Juifs, soit compromis avec l’occupant (les publicains), soit en infraction avec la loi de Moïse (les pécheurs). Ce Matthieu nous paraît plus qu’imprudent ; il est bien peu spirituel.
Mais Jésus se rend au festin. Il y fait sans doute honneur, puisque les pharisiens lui reprochent d’être “un mangeur et un buveur” (Luc 7. 34) — même s’il faut faire la part de la calomnie dans leurs propos. La leçon que retiennent les évangélistes n’est pas pour les convives, mais pour ces pharisiens orgueilleux, si fiers de leur ascétisme (Luc 18. 12).
Notre Seigneur n’a pas dédaigné les joies terrestres d’un festin. Il n’a pas craint non plus de se montrer publiquement en compagnie de personnes peu fréquentables, au sens des normes sociales et religieuses. Se faisant “tout pour tous” (1 Cor. 9. 22), il mange et boit librement, même s’il fait souvent passer les besoins de ceux qui l’entourent avant ses propres besoins physiques (Marc 3. 20 ; 6. 31). Par-dessus tout, sa nourriture est d’accomplir la volonté de son Père et de voir des cœurs autour de lui, assoiffés d’entendre la bonne nouvelle, prêts pour la moisson (Jean 4. 34, 35).
Festin pour le corps, festin pour le cœur, Matthieu a bien eu raison !
 
Source (Plaire au Seigneur)
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